Aïd Al Adha : date, origine, signification et tradition de la fête du sacrifice

C’est la fête la plus importante de l’année pour les musulmans. Mais quelle est l’origine et la signification l’aïd el-Kébir (ou aïd al-Adha) ? Quels sont les rituels de cette fête du sacrifice dans l’Islam ?

 

Pour des millions de musulmans, c’est un moment fort de la vie spirituelle et sociale. L’aïd el-Kébir (ou aïd al-Adha, c’est-à-dire "fête du sacrifice" en arabe) marque l’achèvement du Hajj, la période des pèlerinages, durant laquelle les croyants sont appelés à se rendre sur les lieux saints de l’Islam de La Mecque, en Arabie Saoudite. Dans la tradition musulmane, cette "grande fête" rappelle le sacrifice avorté d’Ibrahim de son fils Ismaël à son Dieu. Traditionnellement, les croyants commémorent cet épisode en sacrifiant un mouton ou un agneau.

 

Aïd el-Kébir : la date de début de la célébration

Cette année, le début de l’aïd el-Kébir devrait correspondre au jeudi 24 septembre 2015. En effet, cette période de célébration débute le 10 du mois de dhou al-hijja, le dernier du calendrier musulman. La fête dure quatre jours et le sacrifice doit avoir lieu avant le coucher du soleil du treizième jour du mois. L’incertitude sur la date de début est liée à l’observation de la lune. En effet, les mois du calendrier musulman correspondent aux phases de notre satellite, chaque nouveau mois démarrant avec l’observation visuelle d’un croissant de lune à la tombée de la nuit. De ce fait, la date de l’aïd el-Kébir, comme celle du début ou de la fin du ramadan, "recule" de onze jours environ chaque année dans le calendrier civil et ne peut être précisément établie que quelques jours à l’avance.

A titre indicatif, voici les dates les plus probables de début de l’aïd el-Kébir jusqu’en 2020 selon les calculs de l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides de l’Observatoire de Paris

 

Aïd el-Kébir : les origines de la fête dans l’Islam

Dans la tradition musulmane, l’aïd el-Kébir commémore la soumission d’Ibrahim à son Dieu, qui doit servir de modèle à tous les croyants. Selon le Coran, ce prophète - qui correspond à Abraham dans la Bible – a reçu dans ses rêves l’ordre divin de sacrifier son fils, Ismaël. Celui-ci, élevé dans la foi, accepte d’être immolé par son père. Le Diable s’interpose et essaie de convaincre les protagonistes de ne pas pratiquer le sacrifice, mais Ibrahim jette sept cailloux sur Satan. Le père se saisit d’un couteau et le pose sur la gorge d’Ismaël. Mais il ne parvient pas à l’enfoncer. Lorsqu’il parvient enfin à couper le cou, il constate que l’ange Jibril (Gabriel) a disposé un mouton à la place de son fils et que celui-ci se tient debout, indemne, à côté de lui.

Pour les musulmans, la foi d’Ibrahim, mise à l’épreuve par Dieu, a été récompensée par la survie de son fils. L’aïd el-Kébir demeure une fête célébrant la foi et la miséricorde. Cet épisode du Coran correspond à un récit de la Bible : celui du sacrifice par Abraham de son fils Isaac. Celui-ci est interrompu par l’arrivée d’un ange qui lui annonce que Dieu est satisfait de sa foi. Un bélier est sacrifié à la place du jeune homme.

 

Aïd el-Kébir : la fin des pèlerinages du Hajj

L’Aïd el-Kébir marque la fin d’une autre tradition essentielle pour les croyants : celle du pèlerinage aux lieux saints de La Mecque, ou Hajj. Ce rituel a lieu entre le 8 et le 13 du mois de dhou al-hijja du calendrier islamique, tandis que l’aïd démarre le 10 de ce mois. Le Hajj constitue l’un des cinq piliers de l’Islam avec la profession de foi, les prières quotidiennes, l’aumône et le ramadan.ertains rituels effectués lors des pèlerinages à La Mecque rappellent l’épisode du sacrifice d’Ibrahim. Ainsi, il est d’usage de se rendre à Mina – lieu situé près de la ville sacrée et lieu supposé où ce prophète emmena son fils - afin de jeter des pierres sur des piliers. Cet acte symbolise la foi et le rejet de la tentation du diable, à l’image d’Ibrahim dans le Coran.

 

Aïd el-Kébir : les traditions et règles du sacrifice

L’aïd el-Kébir est considéré par les musulmans comme une célébration de leur foi. De nombreuses traditions accompagnent cette période qui s’étale sur quatre jours. Les musulmans partagent prières et repas. La plus célèbre tradition de l’aïd el-Kébir est le sacrifice d’un animal en souvenir de celui d’Ibrahim. Il s’agit en général d’un mouton, d’une chèvre ou d’un veau. Les animaux doivent être âgés d’au moins un à deux ans. La tradition commande au chef de famille de tuer l’animal en le vidant de son sang, sans l’assommer et en utilisant un couteau bien aiguisé : les souffrances de l'animal doivent être minimisées.

 

 

De nombreuses familles font le choix de sacrifier un mouton dans un abattoir spécialisé ou de commander la viande d’une bête tuée selon le rite. Il est ensuite d’usage de partager la viande en trois parties égales. La première revient à la famille, la seconde aux voisins, amis, collègues et connaissances, la troisième aux pauvres et aux indigents. Les plus pauvres ne sont pas tenus de pratiquer ce sacrifice. La question de la substitution de ce rite continue de diviser les musulmans.

 

Aïd el-Kébir ou aïd al-Adha : quel est le nom de cette célébration ?

Le nom le plus connu est aïd el-Kébir ("la grande fête" en arabe). L’expression est principalement utilisée au Maghreb. Cependant, de nombreux pays, notamment au Moyen-Orient, utilisent plus volontiers le nom aïd al-Adha ("fête du sacrifice"). En Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, c’est le terme Tabaski qui est retenu. Il convient de distinguer l’aïd el-Kebir de l’aïd el-Fitr ("petite fête"), qui marque la rupture du jeûne du ramadan par un repas partagé.